Sentiment de pitié, qui fait prendre part ou intérêt à la misère, aux malheurs d'autrui. En espérant qu'on me passera ce chapô pas très heureux.

Je me sens un peu comme Joey, vraiment acrimonieux. Mais je vais essayer d'être un peu plus sympa pour mon retour, je te dois bien ça, ô Public adoré. Je sais très bien le volume d'abnégation qui te soutire de ton hébétude lascive pour aller vers la lumière, pardon la lecture de cet humble blog aux écrits souvent frauduleux. Reste la question que tout le monde se pose : pourquoi, voire comment ?

C'est très simple. Si on doit prendre en compte les paramètres afférent au problème qui nous est présenté, en omettant les interférences dues aux négligeables effets de bord, on peut réfléchir globalement et atteindre un consensus non dissimulé. En prenant bien en compte le fait qu'admettre n'est pas soumettre (déjà, le nombre de lettres est différent), la réponse coule comme le parpaing entraîne son futur cadavre dans l'eau claire (celle de la source).

Je vais tenter de clarifier mon propos. Pour cela, je vais le faire chauffer à feu très doux. De ce fait, les idées confuses et néfastes (voire cancérigènes) vont remonter à la surface et former une sorte de mousse. Juste en dessous de cette couche, on trouvera les arguments superfétatoires, voire les effets de style. D'un habile coup de cuillère, je vais donc retirer la mousse, puis la grasse litanie sus-citée. Je me retrouve avec un discours limpide, plus apte à soutenir un raisonnement à haute température.

Cette fois-ci, comme tu l'auras constaté, intrépide lecteur qui serait arrivé courageusement, voire témérairement (quel vilain mot, d'ailleurs), je vais m'en tenir strictement au fil de l'aiguille, sans tricoter une intrigue déviante à souhait, à la Matt Groening. La nature morte, oeuvre uniquement picturale ? On peut en effet se demander à quoi ressemblerait une nature morte littéraire.

D'abord, on parle de nature morte. Or, le symbole de ce genre de tableau est un panier de fruits, négligemment posé sur une table, dont la couleur contraste généralement avec celle des murs en fond (sinon on ne verrait pas que c'est une table). Je ne parlerai pas de la couleur du saladier, ce sera l'objet d'un prochain article. Les fruits présentés dans ce panier sont toujours mangeables, et bien souvent même appétissants, si le tableau est bien exécuté bien sûr. Ce qui est assez paradoxal : nature oui, morte, non, pas encore.

Qu'est-ce qui fait donc l'essence de la nature morte ? Le fait que les fruits (ou les légumes, 5 au minimum par jour, n'oubliez pas) soient immobiles ? Non, plutôt le fait qu'ils ne puissent pas bouger : tous les sujets des tableaux sont par définition immobiles. La perspective d'objets plus ou moins asymétriques ? Non plus, si certaines oeuvres sont d'une précision toute botanique, d'autres ressemblent plus à des taches sur une nappe fleurie lavée sans Mir Laine.

Non, pour moi, ce sont plus des exercices de style pour la composition et les couleurs. Avec une obstination de la banalité qui dépasse la dimension artistique. Une nature morte ne représente rien d'original. Deux bananes, une pomme... quoique, j'en ai trouvé une rarissime, avec une assiette de figues et un pain de campagne (pas trop cuit, non tranché).

En fait, on fait une nature morte comme on ferait une grande salade en reprenant tout ce qui risque de périmer dans le frigo. Par nécessité, pour ne pas perdre la main, pour ne rien jeter. Il faut bien manger, ma brave dame ! Une nature morte, ça ne choque jamais, ça décore sans trop se mouiller. L'oeuvre alimentaire par excellence.

Je vais finir par vous donner faim, à force de parler de cuisine. Tiens, d'ailleurs, si la nature morte représente des aliments, il ne sont jamais en train d'être préparés. Toujours exposés, mais jamais assaisonnés, mijotés, gratinés. Comme dans un catalogue, un annuaire... Finalement, l'équivalent de la nature morte en littérature, c'est... le dictionnaire.