Impossible donc de faire la sieste, trop chaud, trop étouffant. C'est sans doute de là que vient l'expression "tropical". C'est quand c'est trop. Sous le soleil, exactement, aucun moyen de s'échapper, même le hamac se fait tarmac, brûlantes mailles oscillantes. A se demander quand viendra la libération, les trombes d'eau vengeresses annonciatrices de la fin de l'été.

Un coup d'oeil au calendrier lunaire me dit que c'est pour bientôt. Il n'y a que moi pour y croire, mais j'ai souvent remarqué un lien entre les phases de la lune et les changements de climat. Là on ne la voit presque plus. Espérons que la suivante nous sera plus favorable. En ce moment, les nuages s'amassent, mais migrent ensuite sans but. Comme s'ils ne savaient pas. Où comme s'ils se moquaient, de nos peaux moites et ramollies, de nos murs rayonnants, de nos rues désertiques.

On redécouvre lors de ces périodes caniculaires notre ami le ventilateur. Lointain descendant des esclaves agitateurs de feuilles de bananier ou autres arbres à feuilles généreuses, le ventilateur permet de se rafraîchir à peu de frais, paradoxe quand tu nous tiens. L'évaporation sudoripare, il n'y a que ça de vrai. Accompagné d'un bon cocktail aux saveurs insulaires, le ventilateur permet de survivre à cette époque estivale, en optimisant l'inévitable perte d'eau, les yeux mi-clos, dans une douce somnolence.

Mais ça ne suffit généralement pas, au bout d'un certain temps, la saturation gagne notre épiderme surchauffé. La moiteur remporte la partie. Il ne reste plus qu'à se lever, et à se mouvoir du pas lent du pachyderme, vers le frigo où se trouvent (en général) les glaçons, éphémères compagnons de beuverie. Un verre de plus, et on repart vers une activité économe en une énergie qu'on n'a déjà plus.

Finalement, on se dit presque qu'on serait mieux à travailler. Oui, bien souvent les lieux de travail sont climatisés. Pas tellement pour le confort des employés, du reste, plus par égard pour le matériel. Mais on se contenterait bien de cette attention secondaire. Ou alors on irait faire un petit trajet pour profiter de l'air conditionné de la voiture. Pas très écologique tout ça... mais tellement attractif.

Oui, on n'a plus tellement ni le temps ni l'envie de réfléchir dans cette atmosphère laineuse (je voulais dite cotonneuse, mais ce n'était pas assez chaud). Le ton de cet article, plus poussif que pensif, en donne un bon exemple. La mélancolie de la fin des vacances se mêle à la paresse dictée par la température. Et comme j'aime bien finir par une petite touche culturelle :
La mélancolie, c'est le bonheur d'être triste. (Victor Hugo)
Paresse: habitude prise de se reposer avant la fatigue. (Jules Renard)