Facebook et la caravane passe
Par Prems, dimanche 14 décembre 2008 à 19:01 :: Internet :: #33 :: rss
Ou comment s'érigent les statuts.
En fait j'étais parti, mon panaché blanc à la main, étendard désuet aux relents de houblon, pour vous conter mes aventures dans le monde écoeurant de rondeur bleutée du site social. Mais en chemin, dans les méandres de mon esprit sans cesse dérangé par le doute et la volonté d'une objectivité sans faille, j'avais pensé à y ajouter autre chose. Chose, qui, pendant le ménage et les courses à Carrefour, s'est finalement cachée dans les arcanes susnommées. Donc ça finira bien par revenir, au fil des mots, au rythme des propos, le long des golfes clairs, bref, plus loin.
Facebook est un site emblématique du web 2.0. Revenons un instant sur ce concept fumeux. En effet, au contraire du XHTML et autres joyeusetés strictement versionnées, le web 2.0 est une pure dénomination marketing. Néanmoins, on peut quand même le caractériser. En effet, la particularité du web 2.0 est que n'importe quel individu doté d'un minimum de cerveau, ne sachant rien des technologies utilisées sur la toile, ne parlant ni HTML, ni Flash, ni serbo-slovaque, peut enrichir son contenu et en faire profiter les autres. Fini l'ère des sorciers du web, où la tenue d'un site était réservée à une élite, plus ou moins accessible. Place aux sites comme MySpace, Youtube, Dailymotion... où n'importe qui peut faire profiter ses congénères de... n'importe quoi.
Imaginez donc l'impact que ce genre de site a pu avoir sur les gens comme moi. Avant, avoir un site, présenter ses créations, ses humeurs et ses pensées, était réservé à une élite capable de gérer les balises, le code, et les caprices des serveurs. Là, ça devient d'une banalité... Vous me direz que j'ai, depuis le début de l'année, abandonné mon site fait entièrement à la main, à la sueur de mon gedit (non je n'utilise plus windows, donc le bloc-notes ne veut plus rien dire pour moi), pour un modèle dotclear utilisé déjà sur beaucoup de sites dits "communautaires". Certes. De plus, l'activité de mon site a grandement diminué depuis mon inscription sur Facebook. Honte à moi. Je dirai quand même à ma décharge que ceci ne fait que s'inscrire dans une mutation plus ou moins maîtrisée.
En effet, que de temps passé à écrire du code pour si peu de résultats "visibles"... Quand on est jeune, plein d'avenir et d'enthousiasme, les heures passées à aligner les div, à ré-encoder les caractères, et à traquer les bugs dans la base de données, semblent bien courtes face à la satisfaction d'avoir "vaincu"... qui, quoi, comment ? on s'en fiche, parce que c'est moi qui l'ai fait... L'âge (canonique) venant, on finit par comprendre que l'intéressant c'est quand même bien le contenu, que taper un article sans aller le modifier directement dans la base c'est quand même pas mal... De plus ça permet d'en faire plus et d'attirer plus de lecteurs. Car ce qui fait un site, c'est quand même autant les commentaires que les articles.
Mais revenons à nos moutons (enfin, ceux qui restent après l'Aïd). Le web, au départ, est basé sur l'anonymat. Il fallait, avant, un pseudo pour communiquer sur internet. Je suppose que vous connaissez tous le mien, pour les étourdis levez un peu les yeux, vous trouverez certainement (sinon je vous conseille de consulter votre opticien). Un pseudo, et un avatar, bien entendu. Je pense d'ailleurs publier un jour tous ceux que j'ai créé pour les forums, ce qui me permettra de faire un joli patchwork, et en même temps de perdre ce qui me restait de crédibilité, avant que les messieurs en blanc ne viennent me chercher. Diffuser la moindre photo personnelle était limite blasphématoire, ou alors la meilleure façon de passer pour un hérétique exhibitionniste.
Facebook a fait exploser tout ça. Le concept de se présenter sous son vrai nom, avec ses vraies photos, est, à mon sens, la vraie révolution de ce site. Personnellement, j'ai même bataillé pour trouver des photos de moi : pas facile quand on est toujours du mauvais côté de l'appareil. J'ai donc fait ce que je n'avais jamais fait auparavant : une série d'autoportraits. Vous devez vous dire que c'est sacrément bien, alors, Facebook. Oui, c'est bien, joli, sexy, avec des bords arrondis là où il faut. Et je dirais même que ça marche vraiment bien, vu l'usine à gaz que ça représente.
En effet, non content de présenter votre bobine aux internautes du monde entier, Facebook vous propose de lier des contacts. A chaque connexion, vous êtes informés sur l'activité de vos amis. Et même, en temps réel... Facebook relègue les sites internets classiques au rang des premiers sites statiques en HTML, c'est à dire à l'âge de pierre (et il est plus tout jeune). Entre parenthèses, je pense que ça doit être un cauchemar pour les administrateurs réseau.
Facebook, c'est d'abord le Mur, où se listent vos diverses activités, où aussi vos amis peuvent déposer un mot... Et les actualités des diverses applications. Car Facebook ce n'est pas qu'un carnet d'adresses enrichi, c'est aussi un espace où on peut passer le temps. J'aime bien le terme chronophage... car on peut vraiment y passer sa vie. Des quizzes, des cadeaux virtuels, des bisous virtuels, des amis qu'on achète avec des $ tout aussi virtuels...
Mais Facebook, c'est aussi le statut. Oh, c'est pas compliqué à la base, il suffit de compléter la phrase : "Jean Tartempion "... "Raoul Dubois mange des fraises", "Jeanne Martin est fatiguée", "Carole Durand va au cinéma". Mais, comme toute actualité Facebook, il est possible d'ajouter un commentaire. Et c'est là que tout part en vrille. Car les commentaires sont visibles par tous, vos amis et ceux de la personne concernée... ce qui peut donner des situations assez épiques et des discussions interminables. J'ai pu vérifier, par contre, qu'on était limité à 100 commentaires...
Commentaires
1. Le dimanche 18 janvier 2009 à 15:50, par Caro
2. Le dimanche 25 janvier 2009 à 17:37, par Petite femme nue...
3. Le dimanche 25 janvier 2009 à 17:39, par De moi
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