En fait il suffit de vouloir changer une pièce dans un ensemble parfaitement homogène et fonctionnel, dont la fiabilité a de quoi faire pâlir le plus blême de tous les pros de la congrégation des nyctalopes. Tout ça pour pouvoir s'enorgueillir de posséder un PC dont la propension à consommer de l'énergie est inversement proportionnelle à ses performances dignes de figurer dans le Guinness Book, catégorie plantigrade à poil dur. Pour ceux qui sont allergiques à la métaphore galopante (dans ta poche), j'ai donc amélioré mon ordinateur (la boîte noire avec plein de fils et des loupiottes clignotantes) en lui offrant un disque dur (le machin qui gratte quand la petit loupiotte clignote) très haut de gamme (cher), performant et peu gourmand. De plus, il répond au nom très poétique de Vélociraptor.

Il est à noter que contrairement au dinosaure bipède qui lui a légué son nom, ce disque dur est dépourvu de plumes. Bon, je pense que vous vous en doutiez, s'il porte ce nom là en particulier, c'est qu'il est petit et rapide. Il suffit pour ça d'avoir vu le fameux film de Steven Spielberg. Qui, selon certaines sources bien renseignées, avait un peu exagéré la taille des animaux, afin de les rendre plus spectaculaires sans doute, dans les hautes herbes. Tout le monde se rappelle de l'expression de Jeff Goldblum tendant l'oreille avant de crier. Bon, bref, si je l'ai changé, ce disque dur, c'est pour en mettre un meilleur à la place, vous me faites confiance, quand même ? Donc, je me procure ce délicat appareil.

Il est de ces composants dont le remplacement (ou le placement) ne nécessite que peu de bricolage ou de configuration. On citera par exemple l'écran, le clavier, la souris, les hauts-parleurs. Dans certains cas, on est obligé d'arrêter la machine (un sacrifice incommensurable) pour installer des barrettes de mémoire (oui, ça s'appelle des barrettes aussi, mais celles-ci ne tiennent pas vos cheveux soyeux, mesdemoiselles). Mais le système installé reste le même. Las, en ce qui concerne le disque dur, on se heurte aux problèmes des données. Oui, ces fichiers dont l'existence même détermine l'intérêt de l'ordinateur. Oui, ils sont bien inscrits sur le disque dur. Mais comment inscrire des données, sur un disque, dur de surcroît ?

En fait tout cela est entièrement magnétique. Des disques, il y en a plusieurs, deux ou trois généralement. Un bras (en fait plusieurs, comme un peigne) muni d'un électro-aimant est chargé (c'est le cas de le dire) d'aller placer les données sur les disques, tout cela bien sûr quand ils sont en mouvement (à plusieurs milliers de tours par minute), sinon ce serait trop facile. C'est le mouvement saccadé du bras (je vous vois venir) qui provoque ce bruit typique de grattement. Bon, vous direz que l'important, encore une fois, ce n'est pas la bouteille, mais ce qu'on met dedans. Je vous l'accorde. La semaine prochaine, on détaille les tables de partitions et les secteurs de démarrage.

Enfin, tout cela n'explique toujours pas ce qui m'a mis dans cet état proche de l'Ohio. Vous avez le choix, Kentucky, Indiana, Michigan, Pensylvanie et Virginie (de l'Ouest). Donc, je vous le disais, j'ai du tout réinstaller, et transférer les données. En oubliant, bien entendu, que je me séparais d'un système installé depuis 2 ans, régulièrement optimisé et corrigé... A la fin de l'installation je n'avais tout bonnement pas de son... à cause du stupide serveur pulseaudio... Impossible de restaurer les données dans les bases, la version 8.3 de PostgreSQL refuse l'encodage LATIN1... J'ai eu le nez creux en abandonnant l'éléphant pour le dauphin pour le site actuel... Et le network manager (mais à quoi il sert ce truc ?) qui prend une config par défaut à chaque redémarrage. Moi qui m'était juré d'abandonner tout ça... je retrousse mes manches et je me couvre de cambouis.

Enfin, le résultat (n') est (pas) là. Le site des archives est encore parcouru de caractères cabalistiques. Je verrai ça plus tard. Une autre affaire m'occupe. J'achète un album sur le site Virginmega. MP3, encodage en 320k, tout est bon à première vue, et je ne me méfie pas. Erreur, funeste, catastrophique, ma naïveté me perd, mon optimisme béat en prend un sérieux coup. Ils en sont arrivés, eux, les chantres du MP3 sans DRM (voir l'article ici), à ne protéger que la moitié des morceaux de l'album... Bravo. J'applaudirais des deux mains, mais j'ai les lèvres gercées. Bon, VLC arrive quand même à lire ces fichiers protégés, donc un transcodage devrait résoudre le problème de lecture dans Amarok. Par contre, vu que le prix est le même partout, et que le téléchargement n'est pas non plus extraordinaire (il faut en effet télécharger chaque morceau séparément), je déconseille fortement le site Virginmega.

Mais qu'est-ce donc que les DRM ? Digital Rights Management, c'est une sorte de protection contre la copie, entièrement propriétaire et inutilisable sur un système autre que Microsoft. Une surcouche qui pose de nombreux problèmes de compatibilité, donc. Il suffit de parcourir le site zdnet pour se rendre compte à quel point c'est désuet. C'est dire si je suis vexé de m'être fait avoir... où ai-je donc pu bien mettre cette tronçonneuse ?