Et si j'avais oublié...
Par Prems, lundi 18 août 2008 à 19:30 :: Pensées :: #25 :: rss
Du syndrôme du poisson rouge.
J'y pense à l'instant, en mettant la pizza dans le four. Et si, un jour improbable et funeste, j'oubliais de retirer le film plastique ? Outre la pizza, je perdrais sans doute l'odorat et toute considération pour ma conscience et mon attention. Pas de quoi appeler l'hôpital psychiatrique le plus proche en vue d'un auto-internement anticipé, mais largement de quoi douter.
Sachant que ça se produit relativement souvent : combien de fois je suis retourné en hâte à la porte pour vérifier que je l'avais bien fermée à clé ? Ou alors un paquet, un sac, oublié systématiquement alors que 3 minutes auparavant on pensait à le prendre ? On se demande alors où va cette fameuse pensée. Est-elle tout simplement oubliée, effacée car elle n'a pas eu le temps d'être stockée ? Ou alors elle est bien rangée, dans un tiroir, prête à ressortir une fois qu'on aura fermé la porte et fait quelques pas.... Comme si on était victime d'une farce de notre propre cerveau.
Prenons par exemple le fer à repasser. Il n'a l'air de rien, comme ça, à ronronner sa vapeur. Mais on repasse toujours à la bourre, avant de fermer la valise pour aller prendre le train. Et le fer, vous croyez qu'il irait vous prévenir que vous le laissez branché ? Non, il chauffe en silence, inexorablement. Et ce n'est qu'une fois dans le train qu'il revient à notre souvenir. C'est avec des sueurs froides qu'on se retourne la nuit en se demandant : "ai-je débranché le fer..."
Une technique existe pour tenter de résoudre ces problèmes : se remémorer tout ce qu'on a pu faire, étape par étape, au moment du départ. Cette auto-introspective (même si c'est un pléonasme) n'est cependant pas sans risques. Comment faire confiance à son cerveau pour quelque chose de si difficile, quand on a une mémoire de poisson rouge ? Quelle sera la part d'imagination dans le processus ?
Je me rends compte de deux choses. Premièrement dans cet article je pose beaucoup de questions. Oui, beaucoup. Sans apporter la moindre réponse. Ce qui, au cours d'un article sur la mémoire, aurait tendance à suggérer qu'elle me pose quelques soucis. C'est un fait admis et avéré, telle une télécommande sous amphétamines, elle zappe. Deuxièmement, avec une série d'allusions tendancieuses et répétées, je sous-entends que les poissons rouges seraient une espèce défavorisée en ce qui concerne la mémoire. J'admets que je suis peut-être injuste envers nos compagnons à deux nageoires, mais en même temps, qui a besoin de mémoire dans un bocal ne contenant ni serrure, ni pizza, ni fer à repasser ?
Commentaires
1. Le jeudi 16 octobre 2008 à 18:39, par Mathilde
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