Le silence du cylindre
Par Prems, samedi 26 juillet 2008 à 15:39 :: Ma vie Mon oeuvre :: #21 :: rss
Ou comment se faire mettre un crayon dans les roues.
C'est le moment. Le grand départ. La porte s'ouvre. Les fines gouttelettes s'élancent et franchissent les deux soupapes dans un ballet rotatif et coordonnée. La bielle, après une brève rotation sur son palier, repousse avec vigueur le piston vers le sommet, à la rencontre du fluide igniphile, pour accomplir son destin. Il fonce. La température devient insoutenable... et puis il redescend. Puis remonte et repousse vers l'extérieur le mélange malodorant, avec un arrière-goût d'inachevé.
La bougie est restée muette. Aucune étincelle n'est venu éclairer le cylindre pourtant enthousiaste à l'idée d'accueillir une nouvelle explosion de joie et d'allégresse. Tour après tour, il s'encrasse, en vain. Pourtant, la bougie n'y est pour rien. C'est la bobine qui fait la sourde oreille.
Cette fameuse bobine d'allumage, de type crayon, référence 77 00 113 357, de marque Sagem, Denso, Valeo, a en effet une certaine tendance à n'en faire qu'à sa tête. Le jour où les développeurs du moteur K4J, brillant au demeurant, ont décidé d'utiliser cette bobine en particulier, ils auraient mieux fait de se casser une jambe. Ou alors prendre des RTT. Ou même partir une semaine en congés à Djerba. Ou alors juste faire leur boulot, choisir un type de bobine fiable plutôt que ce vague tube en plastique qui coûte plus de 50€ et qui a duré, pour le dernier, 6 mois et moins de 3000km !
Bien sûr, Renault, le constructeur fait la sourde oreille, c'est normal, du reste, que certaines pièces tombent en panne, n'est-ce pas ? En attendant, pas moyen d'en trouver une ici, les magasins de pièces détachées sont fermés. Tomber en panne, oui, mais pas un samedi après-midi. De plus, rouler pour aller acheter la pièce, c'est possible (le moteur a encore 3 cylindres vaillants), mais ça endommage tout, en particulier le pot catalytique, qui digère mal l'essence imbrûlée. Tout bénef encore pour le constructeur. Il paraîtrait qu'un équipementier (Beru) aurait fini par sortir un modèle compatible, mais fiable. C'est super, même si forcément, il est un peu plus cher.
Me voilà donc privé de véhicule, au moins pour ce week-end. C'est sûr, pour un adepte des transports podomotorisés, ce ne devrait pas être un gros problème. Mais ça me prive d'un peu de liberté. Tout ça pour gagner 3 francs six sous sur la production d'une voiture, en mettant en danger son conducteur, et l'environnement. Renault a perdu encore beaucoup de points dans la course à ma nouvelle voiture.
Ami lecteur amateur d'envolées lyriques et poétiques, je te prie de m'excuser pour ce billet d'humeur. Mais ce qui devait être dit a été dit.
Commentaires
1. Le dimanche 3 août 2008 à 20:18, par Prems
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