France Inter mon amour
Par Prems, jeudi 26 juin 2008 à 21:30 :: Culture :: #19 :: rss
Un petit hommage à la radio que j'aime bien.
Je possède un petit poste radio, tout simple, un Roadstar à 20€. Une sorte de copie de Tivoli, en dix fois moins cher, mais quand même doté d'un châssis en bois. Sa particularité ? Il ne possède pas de préréglages, comme les radios d'antan.
Et cela ne me dérange pas plus que ça. Je n'écoute qu'une seule radio de toutes façon : France Inter. Rien d'original, je baigne dans cette ambiance depuis tout petit. Depuis, en étant passé par de nombreuses et décevantes stations, je suis revenu au point de départ.
C'est d'abord une question de voix. Ce n'est pas un hasard si j'écris cet article pendant l'Humeur vagabonde, bercé par la voix langoureuse de Kathleen Evin. Ce soir, justement, l'invité est le grand, oserais-je dire l'immense Louis Bozon, à la voix chaleureuse et rassurante, qui prend sa retraite après quelques années de jeu des 1000€ 'et qui a donc toujours de belles histoires à raconter). Demain soir ce sera la douce mais engagée Zoé Varier, aux histoires toujours émouvantes. Et samedi matin, Rebecca Manzoni nous réveillera de sa voix sensuelle. Sans parler de l'inoubliable météo marine de Marie-Pierre Planchon. Pour ne citer que quelques animateurs actuels.
Comment oublier, en effet, Claude Villers, en président du Tribunal des Flagrants Délires, où sévissait notamment Pierre Desproges, mais aussi en conteur infatigable, dans Je vous écris du plus lointain de mes rêves. Ainsi que le ton désabusé de Jean-Luc Hees, dans Synergie notamment.
France Inter, c'est une série d'émission plus enrichissantes les unes que les autres. 2000 ans d'histoire, avec le très didactique Patrice Gélinet. Rendez-vous avec X, de Patrick Pesnot : plus petit je croyais que M. X (et sa voix mystérieuse) était un vrai agent secret. C'est du dépaysement garanti, avec Là-bas si j'y suis, de l'inimitable Daniel Mermet. De l'évasion de haut niveau avec la Cosmopolitaine Paula Jacques. Et même les plus grands apprennent des choses avec les P'tits bateaux de Noëlle Bréham.
C'est l'information avec une vraie liberté de ton : comment ne pas apprécier Philippe Val démontant l'invité de 8h20 juste avant son interview ? Et Nicolas Demorand finissant le travail par ses questions assassines et appuyées, quand il ne se fait pas draguer par (la délicieuse) Agnès Bonfillon, du journal de 7h30. La jeune génération a repris avec brio le flambeau allumé par Stéphane Paoli, qui depuis se contente d'une sympathique édition matinale le week-end.
C'est aussi la musique et les perpétuelles découvertes de Bernard Lenoir, la programmation toujours inventive de Laurent Lavige... et la désinvolture de Philippe Meyer le dimanche matin, avec les chansons-on. Même dans les émissions "non-musicales", on trouve toujours des perles qui donnent envie de se ruer sur le site internet, afin d'en savoir plus.
Terminons avec Panique au Mangin Palace de Philippe Collin, et son monde archi-loufoque peuplé de Monique et Jean-Claude. Drôle et caustique, mais jamais lourd ou gras. Dommage que je ne puisse plus écouter régulièrement le Fou du Roi, présenté par Stéphane Bern...
Quand je rappellerai que cette radio est quasiment exonérée de publicité (uniquement toutes les heures, totalement après 20h)...
Les émissions habituelles vont laisser place aux programmes d'été, au contenu plus léger, mais qui ont révélé tant de talents... qu'on aimerait que la saison ne s'arrête jamais.
Radio, someone still loves you!
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