Quand poème rime avec anathème...
Par Prems, dimanche 8 juin 2008 à 17:21 :: Littérature :: #17 :: rss
... on ne peut pas encore parler de rime riche.
C'est ce que je me disais tout à l'heure en effectuant un triple looping vrillé m'amenant droit sur un lac, pour la troisième fois consécutive, sur ce stupide circuit de Trackmania. Il aurait mieux valu se placer sur la droite de la piste avant d'aborder le tremplin. Mais je m'égare. La poésie, revenons-y, comme moyen de combler ce flagrant manque d'inspiration qui m'accable depuis la semaine dernière ? Pourquoi pas.
La semaine dernière, je découvrais le sudoku. Là, vous vous dites, dans votre for intérieur personnel, il se trompe. Il veut certainement dire haiku, dans son article littéraire poétique. Encore un qui veut impressionner les lecteurs en citant des mots venus d'ailleurs, riches en saveurs croustillantes, et nacrés par les alizés comme les perles du pacifique. Erreur, lecteur narquois, c'est bien le sudoku que j'ai découvert dimanche dernier, en consultant la liste de jeux, inutilement installés, longue comme un jour sans pain. Et comme chacun sait, pas de pain pas de gain.
Je pensais avoir déjà abordé ce genre de jeu auparavant. En fait, je n'avais pas saisi toutes les règles et subtilités de ces chiffres croisés. Et comme sur le papier rien ne vient corriger les erreurs, j'avais trouvé ça trop facile. Bon, OK, ça se défend très bien. Mais je pense qu'il doit être nettement plus intéressant de passer du temps à écrire des algorithmes de résolution que de jouer : c'est bien trop mécanique, et ça c'est le boulot de l'ordinateur. Je pense que c'est un des points communs avec le haiku : un ordinateur est capable d'en écrire aussi. La lecture des spams envoyés par certains vers (ça ne s'invente pas), qui parcouraient les disques durs à la recherche de texte à inclure dans les emails vantant le viagra (et hop, 50 rangs gagnés dans la recherche Google), est édifiante à ce sujet. Enfin, je dis ça surtout car j'ignore les règles certainement très tristes (écrit à la place de strictes, tu parles d'un lapsus) du haiku.
Mais la poésie, ça rime. Faire de la poésie en prose, c'est un concept. Bien que c'est quand même mieux quand ça rime, sinon personne ne vous croit. Ou alors il vous faut le talent de Prévert. Personne ne voudrais voir dans le texte qui précède un poème. Bien sûr, il y a des paragraphes et quelques rimes, mais globalement le coeur n'y est pas. Il faut donc que j'augmente un peu le niveau de jeu. Il faut d'ailleurs noter que pour faire quelque chose les doigts dans le nez, il faut toujours se les sortir du cul auparavant. Amis de la poésie, ne partez pas. Je ne peux en rester là, sinon tout cela ne rimerait à rien.
L'inspiration qui s'absente
Malgré le thé à la menthe
Le clavier qui s'impatiente
Sous mes phalanges lentes
La poussière avec obstination
Recouvre tout mon talent
Même mon imagination
Me trahit en ce moment
Même si je tente de forcer le trait
Afin de terminer ce sonnet
Je sais que le lecteur assidu
De son oeil vif et attentionné
Aura vite fait de déceler
Le subterfuge en temps voulu.
Commentaires
1. Le mardi 10 juin 2008 à 15:14, par tiko
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