C'était un jour comme les autres. Pas plus beau, ni plus mauvais, juste un jour comme il y en a quotidiennement. Cela faisait déjà deux semaines. Quinze jours environ que le téléphone restait muet. C'est pas que je m'en serve beaucoup, mais c'est toujours dommage de payer et de laisser filer. Je prends mon courage d'une main et mon portable de l'autre pour appeler le support technique.

J'avais, bien entendu, effectué les manœuvres de base, celles qui consistent à reseter la box, restaurer les paramètres par défaut, le genre de truc stupide mais qui fonctionne souvent. Rien à faire, aucune tonalité, et cette impression de solitude suite à la pression sur le bouton vert. Le portable, lui, fonctionne toujours.

Je tombe bien sûr sur quelqu'un de courtois et affable, qui donne du M.Prems comme il se doit. Après la prise en compte du problème, il effectue, de façon totalement attendue (et vaine), une réinitialisation à distance du modem. Plutôt trois fois qu'une, j'en conviens, mais le résultat n'y est toujours pas. Il s'affaire, tourne et vire, pour à la fin, me dire : "Je vous rappelle rapidement à ce numéro". Plus de son (et encore moins d'image) de sa part.

Pour la mienne (de part), je décide d'attendre un peu, en jouant à Freecell. Vous savez, ce jeu de cartes bien distrayant, plus varié que le démineur et moins évident que le Solitaire. Après 5 parties, je me dis que le monde extérieur pourrait bien avoir besoin de moi. Et je laisse l'aphone téléphone à son triste sort. Quelques minutes plus tard je dérange dans son important travail un employé des pièces de rechange de la marque au losange.

L'opposé de l'employé de Neuf. Une mauvaise volonté et une inamabilité caractéristique, mais quelques dizaines de soupirs plus tard, il me sort la pièce demandée. Mais 25€ la paire de petits ergots en plastique pour tenir la ceinture de sécurité, alors que je n'en veux qu'un... Je décide que ceux de ma voiture sont gris anthracite et non pas noirs, et je lui rend son sachet. Bien sûr, il ne trouve pas dans son logiciel la référence voulue, et je prends congé.

Je rentre après quelques courses moins décevantes. Je décroche le téléphone... et toujours rien au bout. Par acquis de conscience je vérifie le portable, bien entendu aucun appel. Ce n'est pas tellement que j'avais envie de lui reparler, à ce conseiller dont je n'ai même pas (par désintérêt) retenu le prénom. C'est juste que j'aurais bien aimé savoir ce qu'il était de ma demande, pourquoi je n'avais pas de téléphone, comme ça, sans prévenir, alors que rien n'a changé ici. C'est un peu frustrant, d'autant plus qu'il faudra certainement, la semaine prochaine, recommencer la procédure, rebooter 5 fois le modem, pour que le conseiller promette de rappeler, en vain.

Vous me direz "quoi de neuf ? ça fait des années qu'on est traités comme de la merde par les hotlines diverses". Et vous aurez raison. Mais j'ai toujours envie de voir cette petite lueur d'espoir briller au bout du tunnel de l'indicible cynisme de ce monde de brutes.