Note : afin de préserver l'anonymat des personnes citées (c'est mon choix et je le respecte), j'ai pris la liberté de changer leurs prénoms.

C'est donc 3 jours avant de partir que je consulte les différents sites. Un jour férié de surcroît. Aucun souci, je peux comparer des dizaines d'offres d'un coup, les classer par date, prix, nombre d'étoiles, couleur du dromadaire... sans quitter ma chaise. Je choisis la date du 11 mai, le premier voyage au soleil pas trop loin à moins de 500€, pension complète, supplément single offert (ainsi que les transats sur la plage). Après avoir vérifié que cet hôtel n'avait pas trop de critiques négatives, je réserve, paie, et reçois immédiatement le contrat, que je renvoie par fax.

Le jour suivant, donc le 9 mai pour ceux qui lisent en diagonale (ce qui est déconseillé par les opthalmos ainsi que par les kinés), je reçois ma convocation et le bon d'échange pour l'hôtel. Ce n'est pas plus compliqué.

Ma destination est l'île de Djerba, province de la Tunisie. Si on en croit ce que Homère racontait dans l'Odyssée, cela convenait parfaitement pour tout oublier au moins pendant une semaine. Rentrerai-je heureux comme Ulysse après ce beau voyage ?

Le voyage aller se déroule sans accroc. L'avion part à temps, c'est un vol low-cost sans autre prétention que de vendre des marchandises à son bord. A l'arrivée, nous sommes accueillis par la représentante de l'agence, dont le principal talent est d'ignorer les gens qui se présentent sans gueuler comme des veaux (toutes mes excuses à la communauté bovine pour la comparaison peu flatteuse). Personnellement, comme c'est une qualité relativement rare chez les personnes effectuant ce métier, je ne lui en veux pas. D'autant plus que se retrouver plongé dans un milieu hostile m'a permis de rencontrer Georges, agent de la DGSE se faisant passer pour un commerçant.

Nous entrons dans le bus vers 2h du matin pour un périple de plus d'une heure visant à déposer les différents clients dans les divers hôtels de l'île. Le nôtre est fatalement le dernier, ce qui nous permet d'apprécier pleinement la route djerboise et ses chicanes de police. A l'hôtel, nous recevons notre bracelet orange qui scelle notre accueil dans le club. Bracelet que nous conserverons 24h/24.

Les chambres sont disposées dans de petits bâtiments de style local (voir les photos), dont le dédale des allées trompe encore même les animateurs, surtout de nuit vers 3h30 du matin. Plutôt originales et aérées, elles s'avèrent assez agréables, et de bonne tenue. Seule l'insonorisation laisse un peu à désirer (comme dans tout hôtel, d'ailleurs). Rendez-vous est pris à 10h pour le (barbant) briefing du lendemain (donc nuit plutôt courte). Petit déjeuner classiquement en buffet, assez varié et complet, surtout pour quelqu'un comme moi qui n'est capable d'avaler que quelques viennoiseries et un yaourt, arrosés d'un "jus de fruit" quelconque (dans tous les sens du terme). Pour les lève-tard, un des bars relaie les croissants et le boissons chaudes jusqu'en fin de matinée.

Le club est pourvu d'une jolie piscine, mais la plage est bien plus intéressante. D'autant plus que nous pourrons nous consacrer à la pratique du farniente, entre deux parties de beach-volley. Plage qui est pourvue aussi d'un snack-bar bien moins fréquenté que le restaurant principal. Un endroit bien agréable donc. En ce qui concerne la mer, si elle n'a pas la pureté cristalline de l'eau des îles plus exotiques, elle n'en reste pas moins gentiment tiède, et plutôt agitée. Attention cependant aux rochers sournois qui en garnissent le fond, rendus invisibles par la végétation flottante.

La première (et très fraîche) soirée) est aussi courte que la nuit qui l'a précédée. Par contre, par la suite, nous avons pu profiter plus pleinement du fait que les boissons sont comprises dans notre formule. Après les avoir rencontrées lors des matches de foot et de volley, nous en profitons pour inviter Janine, jeune retraitée de la sommellerie, et Thérèse, marchande de tapis, à trinquer avec nous. La bière est en effet très correcte, plus que les cocktails proposés, rapidement démontés par nos deux expertes, dont la compagnie fut fort agréable tout le long du séjour.

En ce qui concerne les boissons, la politique du club est simple : tout est compris jusqu'à 23h dans les bars. Ensuite il faut se rabattre sur la discothèque, où forcément les consommations sont payantes (même si ce n'est pas excessif). Nous nous appliquons donc consciencieusement à boire avant cette limite. Chaque soir, entre 21h30 et 23h environ, les animateurs organisent un spectacle souvent sympathique et enjoué (parfois avec un peu trop d'enthousiasme !). Le DJ prend ensuite le relais jusqu'à 2h du matin (quand il reste du monde, évidemment). La musique est celle qu'on attend d'une discothèque, même si un peu plus de disco (justement !) et de rock ne ferait pas de mal.

La limite des 2h étant atteinte relativement vite, nous sommes un soir entraînés par les très charmantes Soizic et Amélie, reines de la nuit, dans une boîte locale. Là, point de surprise, c'est comme chez nous. J'ai juste trouvé la fin de soirée nuit un peu brutale, avec l'allumage soudain des feux dès la dernière note de l'unique slow, à 4h. Bon, il faut bien avouer que j'ai rarement fait la fermeture des boîtes de nuit, donc c'est difficile de comparer.

Si plage, volley, picole et danse ont constitué l'essentiel de nos occupations, j'ai aussi testé le tir à l'arc (pas mal), et le kayak de mer (très sympa dans les vagues). Le club proposait aussi d'autres activités, gym, massages, tennis, squash... Sans compter les innombrables possibilités (payantes) d'excursions, de quad, de jet-ski, balade en dromadaire, etc. L'hôtel possède aussi un "mini-club" pour les enfants. Les animateurs, extrêmement sympathiques, ne semblaient pas surmenés en cette moyenne saison. Leur principale fonction était de veiller à ce que les jolies demoiselles ne s'ennuient pas. Ce qu'ils semblaient effectuer avec une abnégation certaine, passionnés qu'ils sont par leur métier.

Rien à signaler de particulier concernant l'hébergement. L'hôtel est propre et soigné, et les repas suffisamment variés, pour un buffet "tout compris". La nourriture est de bonne qualité, seule la viande manque un peu (sauf pour les membres de l'AAADGA). Par contre, attention à votre assiette, les garçons de salle sont prompts au débarrassage de table.

La soirée du samedi, avec les premiers départs (dans la nuit), fut assez émouvante. Mention spéciale à JCD, roi du dancefloor, en espérant qu'il soit arrivé à bon port. Pour nous, retour à l'aéroport le dimanche vers 18h pour un départ initialement prévu à 20h15. Nous aurons finalement une heure de retard, ce qui est presque acceptable vu l'organisation à l'aéroport. Et de toutes façons, étant donné que les deux demoiselles sus-citées prenaient le même avion que nous, impossible de s'ennuyer.

Au final, aucun regret. Des vacances au soleil, d'excellentes rencontres, tout ça sans se prendre la tête une seconde, pour un prix modique. A refaire, sans hésitation.