Frank Clevenger, psy à la dérive, est l'anti-héros de ces romans policiers teintés de psychologie. Ancien profiler repenti, il aspire toujours à une vie tranquille quand il est appelé à résoudre des affaires pas aussi limpides qu'on cherche à le faire penser.

A la base, ça a l'air plutôt bateau comme histoire. Des enquêtes de profiler, on en a déjà vu, comme dans la trilogie de Maxime Chattam par exemple (que je conseille aussi évidemment).

Le cas de Clevenger est différent dans le sens où lui-même passe presque plus de temps à résoudre ses propres problèmes. Les différentes personalités qu'il dissèque le ramènent à ses propres expériences. Son alcoolisme latent, et les souvenirs de son enfance douloureuse le hantent et l'obligent à rester sur le fil pour ne pas perdre celui de l'enquête. Enquête qu'il mène bien sûr toujours en marge, ses méthodes n'étant pas forcément comprises du policier de base (refrain connu).

L'art de Keith Ablow est donc de maintenir tout ce petit monde en ordre, malgré les histoires qui s'entremêlent, sans trop sombrer dans la facilité. Point de pirouette pour terminer le roman, comme on voit souvent : les pièces du puzzle s'emboîtent avec justesse et progressivité. Et comme ce ne sont pas non plus des romans où on doit noter tous les noms des personnages sur un carnet pour suivre l'histoire... je ne peux que les conseiller aux amateurs de romans policiers (un peu) décalés.